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La madeleine de Proust…

Tu le sais que trop bien, cher Ami, la madeleine et moi c’est une histoire d’Amour à faire pâlir ta voisine; une madeleine, au zeste d’orange, avec ce parfum d’un matin de Noël. Celle que tu trempe dans un chocolat à l’ancienne, 7€ la formule au Boudoir (100 rue du Connétable, à Chantilly, juste à côté du cabinet)…

Mais dis-donc, un instant ! Comment ça se fait que je fantasme comme ça ?

Tu as 5 minutes, Amigo ? Banzaï !

Tes choix, tes goûts sont dictés par tes expériences alimentaires passées. Outre les notions physiologiques, psychologiques, socioculturelles et économiques, il faut intégrer la notion “d’image sensorielle”. Pour faire court, quand tu mange, ton cerveau récupère une foule d’info (perceptions sensorielles: mécaniques, physiologiques et hormonales) formant une “image sensorielle”, qui est mémorisée pour orientée tes choix futurs.

Lorsque tu consomme un aliment, ta mémoire « donne du sens » à l’information sensorielle brute transmise par tes 5 sens : elle permet la reconnaissance de l’aliment en se souvenant de tes expériences antérieures (via “l’image sensorielle”) avec le même aliment ou un aliment similaire, contribuant ainsi à l’élaboration de la perception. C’est donc ta mémoire qui influence ta perception et ton appréciation d’un aliment, en générant, avant la consommation, un état d’attente (désir, voire fantasme, ou malaise, voire angoisse).

Pour mémoriser tes expériences antérieures, tu as disposé de 2 systèmes mnésiques (Dyns™, tu es toujours avec nous?): la mémoire épisodique et la mémoire sémantique.

La mémoire épisodique stocke les souvenirs autobiographiques; par exemple “les huîtres que tu as mangées il y a deux ans dans un restaurant t’ont rendu malade”.

La mémoire sémantique, quant à elle, stocke les connaissances générales; par exemple “les huîtres sont des fruits de mers, au goût salé et se mangent en général crues”.

Et ta madeleine dans tout ça? me diras-tu.

C’est au niveau du fonctionnement des mémoires sensorielles et de leur impact sur le comportement que ça se passe. Tout est là ! Ta mémoire te rappellerait, implicitement et de façon non-verbale, tes expériences passées associées aux aliments. Essentiel à ta survie en milieu urbain : ça t’a rendu malade, évite ! mais si ça t’a procuré un plaisir proche de la jouissance (du calme Pascal!), reprends-en une bouchée ! jusquà en être rassasié.

Du coup, l’état d’attente généré peut être hédonique (tu t’attends à ne pas aimer les huîtres car, par le passé, tu as été malade) et/ou sensoriel (je m’attends toujours à ce que ma madeleine ait le parfum d’un matin de Noël, parce que, par le passé, ça a toujours été le cas).

Une madeleine, y’a que ça qui remonte mon moral.

madeleine-de-commercy1.jpg

Et toi, Amigo, c’est quoi ton comfort food ?


14 comments Jeudi 30 août 2007

Lavage de cerveau (Ketchup ou Mayo ?)

Résultat d’une étude évaluant l’impact du marketing alimentaire chez les enfants préscolarisés, compte tenu de l’investissement annuel pour séduire ces consommateurs (10 milliards de US$). apparemment, à partir de 2 ans commence à se profiler une croyance sur certaines marques et à 6 ans, les enfants reconnaissent les marques et peuvent leur associer les produits.
Le test se déroule ainsi :
63 enfants de 3 à 5 ans goutent des produits McDo (1 bout de hamburger, 1 nugget, des frites, 2 carottes, 1 verre de lait écrémé ou du jus d’orange). Ils sont regroupés par paires, au nombre de 5 ; 1 package marqué avec le logo, 1 autre sans logo. Les parents remplissent un formulaire renseignant âge, race et groupe ethnique, la connaissance des plats et des jouets du McDo, ainsi que les habitudes et les préférences télévisuelles.
Le résultat, pas de surprise Amigo, est le suivant : globalement, c’est meilleur quand c’est dans un emballage McDo (pour les carottes, c’est 54% vs 23%, et les frites 76% vs 13% !). 80% des enfants préfèrent au gout, s’ils pensent que cela vient du McDo.
C’est d’autant plus marqué, que les enfants passent du temps devant la TV, et mangent régulièrement au McDo.
Alors, évidemment, vont en découler plein d’autres études pour évaluer la possibilité de sensibiliser les plus jeunes à une alimentation saine, grâce aux marques qu’ils reconnaissent.
Ce que fait déjà le McDo, “responsible marketing” qu’ils appellent ça,
Fais-toi une idée… (dsl, je l’ai trouvé qu’en espagnol)

Un ogre qui pue, qui pête (qui prend son c** pour une trompette) pour encourager la consommation de fruits, légumes et de lait ! Faut voir le positionnement !

Bref, sois gentil Amigo, laisse pas tes gosses devant la TV !

source : “Effects of Fast Food Branding on Young Children’s Taste Preferences.”
Thomas N. Robinson; Dina L. G. Borzekowski; Donna M. Matheson; Helena C. Kraemer.
Arch Pediatr Adolesc Med. 2007;161:792-797.
Vol. 161 No. 8, August 2007.


12 comments Mardi 7 août 2007

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