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12 ans.
12 ans que je n’avais pas mis les pieds dans une salle de musculation; j’ai bien fait du karaté, 2 fois par semaine l’année avant la naissance de mon fils, il y a plus de 5 ans.
Mais ce n’était pas de la musculation.

J’ai commencé en 92, autant dire au siècle dernier; la salle de musculation était placée juste avant la fac de sciences du Mans ou j’étais inscrit pour un DEUG A. Jusqu’en 1996, j’y suis allé presque tous les jours (à la salle, pas à la fac).
4 ans de DEUG (au lieu de 2), 1 année de Licence; mes résultats aux partiels n’étaient pas en corrélation avec mon investissement dans la musculation. Des 3 compères qui poussaient de la fonte ensemble durant ces années, j’était celui qui s’intéressait le plus à la diététique. C’est tout naturellement la voie que j’ai suivie dans un éclair de conscience lors d’une remise en question forcée en 1996.

2 raisons peuvent pousser un homme sous une barre: son apparence physique, et une femme.
J’avais coché les 2.
ça a plutôt bien marché pour le physique.

En école de diététique, à Paris, je n’ai pas lâché mes haltères, bien au contraire.
Une femme.
Mais j’ai eu mon diplôme. Et mon apparence me convenait.

En 98 (et 1, et 2, et 3 zéro!), j’ai été un des derniers appelés pour le service national. A 25 ans. Et pas en hôpital militaire dans le service diététique, comme l’aurait laissé supposer mon diplôme paramédical. Non, je me suis retrouvé armurier à Laon.
J’ai repris 15kg.
J’en suis sorti vivant, mais pas indemne (on n’en finit jamais vraiment de la 1ere Batterie du 1er Régiment d’Artillerie de Marine!), et j’ai travaillé en parapharmacie à partir du 03 janvier 2000.
J’y ai trouvé une femme. Mais l’apparence physique ne suivait pas.
J’ai vendu des centaines de boites de produits minceur, d’ampoules de phytothérapie et de poudre de protéines. J’y ai développé ma lecture des micro expressions, ma capacité d’analyse alimentaire debout à coté d’une gondole en moins de 10 minutes et ma force de persuasion verbale.
J’ai perdu du poids; de 105kg, je suis descendu à 97kg.

Et puis je me suis installé en cabinet libéral en 2002, en parallèle de la para. J’y ai travaillé 6 jours par semaine. Toujours d’ailleurs.
J’ai perdu du poids; de 97kg, je suis descendu à 93kg.

Et puis mon fils est né en 2005.
J’ai perdu du poids; de 93kg, je suis descendu à 88kg.

Et puis, petit à petit, j’ai desserré ma ceinture, un peu chaque jour, jusqu’à remonter à 97kg.
97kg qui ne sont pas agréable à vivre, ni à voir le matin en se rasant, ni même dans une vidéo Seesmic.
97kg que je n’ai pas aimé voir dans les grands miroirs de la salle pendant les étirements; 97kg tout en volume, en épaisseur.
Tout en ventre.
Une bonne raison de retourner sous une barre. Mais pas la seule.
Il pourrait y avoir une femme, mais c’est une autre histoire.
Alors j’ai pris mon enveloppe pour l’iPad, et je l’ai claqué dans un abonnement dans une salle de musculation.
Avec tout ce que ça représente: prendre du temps, le temps qui devrait être affecté à une autre activité, l’addiction qui va vite revenir, le besoin de s’entraîner, les frustrations, la recherche de la performance ou des résultats dans le miroir.
Et puis, les fils qui se touchent, quand le corps n’en peut plus, mais que l’esprit ne veut pas le savoir.

12 ans.
C’est long.
C’est comme si c’était hier.

2 Comments

  1. Vraiment touchant…
    Je te souhaite beaucoup de courage et de tempérance aussi, fais attention à toi.
    Bises

  2. Et bien, sacré histoire ! Courage pour la suite l’ami .


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